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Portraits

Première vignette : Figure marginale et méconnue de la peinture française du XIXe siècle, Marcellin Desboutin préféra à l'enseignement académique de ses maîtres, le sculpteur Etex et le peintre Thomas Couture, l'étude solitaire des vieux maîtres, en particulier Rembrandt, Hals, Rubens et Fragonard. Son esprit frondeur et son tempérament bohème s'alliaient à une grande érudition qui le porta à s'intéresser autant à la peinture et à la gravure qu'à la poésie et au théâtre. Après avoir mené une existence privilégiée dans sa villa florentine de l'Ombrellino qui attira dans les années 1860 d'illustres artistes et écrivains français, l'artiste, acculé à la ruine et à de lourdes dettes, quitta en 1871 l'Italie pour une vie désormais partagée entre Genève, Paris et Nice. Sa verve naturelle en fit l'un des animateurs favoris du Café Guerbois puis de la Nouvelle Athènes où il côtoya les principaux tenants de l'avant-garde littéraire et artistique parisienne, tels que Zola, Mallarmé, Fantin-Lantour, Pissarro, Manet et Degas qui tous deux le portraiturèrent, affublé de sa barbe négligée et de son inséparable pipe. De toutes ces amitiés célèbres, comme celle de Puvis de Chavannes auquel Desboutin vouait une profonde admiration, l'artiste laissa en témoignage un grand nombre de portraits à l'huile et surtout à la pointe sèche. En effet, c'est comme portraitiste et surtout comme graveur que Desboutin acquit une véritable notoriété.
C'est sans doute à Paris, par l'intermédiaire de Manet, que Desboutin rencontra le docteur Albert Robin (1847-1928). D'origine dijonnaise, ce dernier mena à Paris une brillante carrière de médecin et d'homme du monde qui lui ouvrit les portes du milieu artistique et littéraire le plus novateur. Parmi ses illustres patients, il compta Villiers de l'Isle Adam, Paul Bourget et l'épouse de l'éditeur et collectionneur Georges Charpentier. C'est en fréquentant le salon de cette dernière qu'il se lia à Manet, Mallarmé et à Méry Laurent, célèbre beauté de la société parisienne et égérie de Manet. A leur contact, il rassembla une importante collection de peintures, de dessins et de porcelaines dont l'éclectisme et la qualité témoignent à la fois d'un esprit curieux et avisé. En effet, aux côtés d'un délicat pastel de Vigée-Lebrun et d'une étude d'Ary Scheffer, on trouve un riche ensemble d'oeuvres impressionnistes de Sisley, Monet et de Manet dont le docteur Robin acquit plusieurs dessins et peintures lors de la vente posthume de l'atelier de l'artiste en 1884.
Profondément attaché à sa Bourgogne natale, Albert Robin décida de léguer une partie de cette collection à la Ville de Dijon par un testament rédigé le 18 août 1912. Le legs fut accepté par le Conseil municipal le 4 décembre 1928. Bien que les inventaires mentionnent la date officielle de l'entrée du legs, en 1930, le fils du donateur remit au musée la plus importante partie du legs l'année même de la mort de son père.
Cette donation fut une véritable aubaine pour le musée des Beaux-Arts en dotant celui-ci d'une collection impressionniste de grande qualité, prélude à la constitution d'un fonds d'art moderne acquis quelques années plus tard grâce à la donation Granville à laquelle le legs Robin est aujourd'hui intégré.
L'intérêt de cette acquisition est double. En effet, il permet d'une part de rendre hommage au généreux donateur dijonnais et d'enrichir son iconographie, illustrée déjà dans les collections du musée par un buste en bronze d'Ovide Yencesse (représentant le modèle dans les dernières années de sa vie) ; d'autre part, il permet de mettre en évidence la relation triangulaire qui nouait l'amateur d'art éclairé qu'était le docteur Robin à Manet et à Desboutin. Elève de Couture comme Manet après lui, Desboutin fut intimement lié au milieu impressionniste et participa même à la deuxième exposition du groupe en 1876. De Desboutin qui exécuta plusieurs portraits du médecin et un de sa mère et fut, selon son biographe, l'historien dijonnais Clément-Janin, lié à quelques familles dijonnaises, Robin, l'ami de Manet, acquit un tableau mythologique, "Le Triomphe de Silène", qui fit également partie du legs en faveur du musée. Mais si cette bacchanale était encore nourrie de la leçon rubénienne, ce portrait du docteur Robin le rapproche davantage de son siècle et de sa modernité, par sa sobriété formelle et chromatique ainsi que par ses coups de brosse vigoureux. L'artiste a porté ici un soin tout particulier au traitement du visage tandis que le fond et le buste sont très rapidement esquissés. Les noirs et les bruns dominants ne sont rehaussés que par les touches blanches du binocle et du col ainsi que par la chaleur rougeoyante des chairs du visage. Il émane de ce portrait d'un homme à l'aube de sa maturité une gravité mélancolique qu'accentuent encore davantage les cernes autour des yeux. Pas de complaisance, certes, mais une véritable proximité entre l'artiste et son modèle qui fait de ce petit portrait une oeuvre profondément attachante.
(Sophie Barthélémy pour la commission scientifique) interrégionale des musées de France du 19 mai 2005

Deuxième et troisème vignette :
Sophie Fremiet est née à Dijon en 1797. Elle est la fille de Louis Fremiet, contrôleur des contributions et de Sophie Monnier, fille du graveur dijonnais Louis-Gabriel Monnier, premier conservateur du musée de Dijon de 1799 à 1804. Son père est un ami de François Devosge, créateur de l’Ecole de Dessin de Dijon et Sophie sera l’élève de son fils Anatole, qui lui succède comme directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon.
Louis Fremiet, bonapartiste, ayant dû quitter la France avec sa famille après la défaite de Napoléon Ier, la famille Frémiet s’installe à Bruxelles. Sophie y devient alors l’élève de David et commence à exposer au Salon de Bruxelles en 1818.
Sophie Fremiet épouse le sculpteur François Rude, élève de François Devosge et ami de longue date de la famille, en 1821. Leur fils unique Amédée, né en 1823, mourut en 1830, après le retour du couple à Paris.
Sophie Rude se consacre à la peinture d’histoire, dans une manière néo-classique héritée de David puis plus marquée par le Romantisme. Son talent de portraitiste fut aussi reconnu et son oeuvre est particulièrement abondante. Elle s’attache particulièrement à représenter les membres de sa famille et de son entourage. Le musée des Beaux-Arts conserve ainsi 15 portraits de Sophie Rude, dont celui de son père Louis Fremiet, de sa soeur Victorine, devenue madame Van der Haert, de son neveu Jean-Baptiste Louis van der Haert, de son mari François Rude, et son autoportrait.
La mention du nom de « Chazelette » au revers du portrait d' Amédée Rude permet de penser que ces portraits proviennent bien de la famille de Sophie Rude. Mme Chazalette, née Virginie Cabet, était la tante paternelle de Françoise Cabet, épouse Faber, fille de Paul Cabet et de Martine Rude, elle-même nièce de François Rude. C’est Virginie Chazalette, héritière de Françoise Cabet, qui donna au musée de Dijon les portraits du père de Sophie Rude, Louis Fremiet, de sa soeur, Victorine Fremiet, épouse van der Haert, et de son neveu, Louis van der Haert.
Ces deux portraits n’étaient pas répertoriés au catalogue des oeuvres de Sophie Rude par Monique Geiger en 1987.
Le portrait d’homme est très proche du :
Portrait de Louis Fremiet, père de l’artiste (Dijon, 1769 - Mons, 1848)
Huile sur toile ; H 0,49 ; L 0,39 Ni signé ni daté (mais situé vers 1820) Dijon, Musée des Beaux-Arts
Les dimensions et le cadre sont identiques, la mise en page des personnages, la couleur des fonds et la matière picturale très homogène. Le catalogue de vente identifie ce portrait comme M. Fremiet. Cette information peut remonter à une tradition familiale et doit donc être prise en considération. Toutefois, il ne peut s’agir du père de Sophie Rude, dont les traits sont différents. On reste cependant tenté de voir là, sinon un pendant au portrait de Louis Fremiet, du moins un élément d’une série de portraits familiaux. Monique Geiger, à titre d’hypothèse, avance le nom du beau-frère de Sophie Rude, Henri van der Haert, avec la réserve que nous ne connaissons pas de portrait de lui et que la ressemblance physionomique ne peut être contrôlée.
Ce portrait, comme celui de Louis Fremiet, peut être rattaché à la période du séjour de l’artiste en Belgique, dans les années 1820.
(Sophie Jugie sur les indications de Monique Geiger pour le conseil artistique du 11 février 1999)